Une ambiance folle dans les tribunes agrémentée de deux tifos, un match à fort enjeu pour les deux équipes, des buts, du suspense et une victoire pour nous, Milanisti, à la clé : tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir un grand derby et de notre côté, nous avons été royalement servis. Au-delà du simple prestige de remporter, pour quelques mois, la bataille pour la suprématie Milanaise, il s'agissait ici pour le Milan de tenter une quatrième place dont dépendait en partie le résultat de la Fiorentina, en déplacement à Cagliari. La défaite, et même le match nul, étaient interdits. De son côté, l'Inter devait absolument l'emporter pour gagner dès cette après-midi son titre de champion d'Italie. Il n'en fut rien.
Mis à part les arrières latéraux, ce fut une équipe-type alignée par Carlo Ancelotti pour cet importantissime derby. En effet, Giuseppe Favalli et Daniele Bonera garnissaient les ailes et malgré quelques performances prometteuses dernièrement, il n'était pas spécialement objectif de penser que les deux joueurs étaient plutôt légers pour un match de cette envergure. Le reste donc, du classique : Kalac dans les buts, le tandem Nesta-Kaladze dans l'axe de la défense, Gattuso-Pirlo-Ambrosini pour la récupération, ainsi que Seedorf et Kakà en soutien d'Inzaghi. Si la formule de ce 4-3-2-1 "arbre de Noël" a été maintes fois choisie par Ancelotti, elle a eu le mérite de prouver qu'elle était toujours aussi puissante lorsque les joueurs étaient motivés.
La première mi-temps de ce derby en est un parfait témoignage. Après un quart d'heure de jeu très attentiste de la part des deux équipes, le Milan a littéralement écrasé la rencontre par son rythme, ses attaques bien placées et sa récupération efficace, conjugués à un Inter très fébrile et mal à l'aise, commettant beaucoup de fautes dans l'entre-jeu, les nerazzurri ont joué très bas et se sont beaucoup exposés aux multiples centres venant de Favalli, Seedorf ou Kakà. Rivas a d'ailleurs rapidement récolté un carton jaune pour une grossière faute d'anti-jeu sur le ballon d'or brésilien, alors que celui-ci arrivait aux abords de la surface de réparation. Bonera, quant à lui, n'a pas tellement participé au mouvement, n'osant pas trop découvrir son flanc. Inzaghi lui, se montrait dangereux sur les ballons donnés dans sa direction ; il ratera même, aux alentours de la 20', un face à face avec le portier adverse, ce dernier déviant le tir en corner. Mais mis à part cette orgie de centres qui a débuté après 15 minutes, il a tout de même fallu attendre la 10e minute de jeu pour voir le premier tir rossonero : Ambrosini se recale dans l'axe et ajuste une frappe sèche de 30m, qui passe juste à droite des buts de Julio César ; Seedorf l'imitera d'un peu plus loin quelques secondes plus tard, avec le même résultat. La barre fatidique de la demi-heure de jeu a également été très bien gérée par les joueurs du Milan. En général, une équipe met la pression un bon quart d'heure sur le but adverse puis redescend progressivement, en cas de tentatives infructueuses, pour récupérer de ses efforts. Mais ce Milan-là, aujourd'hui, n'avait pas envie de se retenir et les 11 lions présents sur le terrain ont eu à coeur de multiplier les attaques sans se reposer. Prenant 5 petites minutes pour reprendre son souffle, les rossoneri se ruèrent encore de nombreuses fois à l'assaut des buts de l'Inter, jusqu'à la mi-temps. Malheureusement, cela ne voulait pas rentrer, et Inzaghi manquait plusieurs fois de peu le but de Julio César (35', 41', 46'). Entre-temps, Favalli est remplacé par Jankulovski, en raison d'une blessure légère provoquée par l'inarrêtable Rivas, auteur d'une grosse première période ... en tant que boucher !
Le début de deuxième mi-temps n'a pas laissé aux tifosi du Milan le temps d'exprimer une quelconque appréhension : l'AC était reparti sur les mêmes bases qu'avant la pause. Le premier but rossonero arrive à la 51', lorsque Kakà déboule balle au pied sur le côté droit, longeant la ligne de la surface de réparation. Il ajuste un centre puissant et tendu en direction du premier poteau de Julio César, là où se tient Pippo Inzaghi en fin renard ... tête à bout portant et but. Le Milan récidive 5 minutes plus tard grâce à Kakà, qui arrive devant les buts et trompe son compatriote brésilien et gardien de l'Inter, en réalisant un plat du pied conventionnel, légèrement excentré sur la gauche. 2-0, le trou est fait. Le tout est de savoir comment va réagir le Milan après ce blitz. La réponse est simple : en reculant. Les joueurs d'Ancelotti ont privilégié l'expérience à la folie ; peut-être aussi parce que l'Inter a logiquement voulu pousser pour réduire la marque et garder espoir. Le Milan a procédé, dès son 2e but inscrit, uniquement en contres et c'est ce qui a faillit lui coûter cher. Déjà, parce que ceux-ci n'ont pas été très bien exploités. Juste après un enchaînement de 3 ou 4 parades primordiales de la part de Kalac, un 3 contre 2 en faveur des rossoneri se présente, mais Kakà choisit la mauvaise solution et s'enferme sur son côté gauche alors que Seedorf partait seul au but, à l'opposé. Et c'est à la 74', après plusieurs minutes d'un match qui commençait à s'endormir, que Cruz inscrit un joli coup-franc, qui laisse Kalac pantois. On se dit que ce dernier quart d'heure va être difficile, et ce fut effectivement le cas. Suazo a fait très mal sur son côté gauche par ses multiples accélérations, et Bonera a été souvent dépassé, commettant plusieurs fautes, dont une belle d'anti-jeu qui lui vaudra un carton jaune. Heureusement, il a été rattrapé de juste par Nesta, à plusieurs reprises. La pression était maintenant inverse, l'Inter faisait le jeu pour tenter d'arracher l'égalisation et le Milan se regroupait de plus en plus en défense. Une ultime frayeur pour un coup-franc mal tiré par les intéristi, et l'arbitre siffla la fin de la rencontre au terme de 4 minutes d'arrêts de jeu d'une longueur interminable ... Milan avait enfin remporté son derby !
Dans le même temps, la Viola s'inclinait 2-1 à Cagliari et la Roma s'imposait 3-0 à Genova face à la Sampdoria. Les objectifs du Milan étaient tous remplis : remporter le derby, conquérir la 4e place et empêcher l'Inter d'être champion à l'occasion de ce match. Dans l'ensemble, la prestation a été bonne et la fin de match poussive est tout à fait pardonnée, eu égard à la qualité de la prestation et de l'envie des joueurs.
GRAZIE, FORZA MILAN !